Déclaration Urssaf livreur Uber Eats : quel montant tu déclares vraiment
Livreur Uber Eats ou Deliveroo : tu déclares le CA brut, commission incluse, à 21,2 %. Taux, échéances, prélèvement à la source et exemple chiffré 2026.

À propos de l'auteur du blog
Conformité et pilotageFlorian.A
Fondateur de FluxMicro
Issu d'une formation financière et comptable, avec une expérience en audit dans un grand cabinet internationalement connu, je construis FluxMicro avec une exigence forte de culture comptable et de conformité pour aider les auto-entrepreneurs à piloter leur activité avec un outil clair et vraiment utile.
Tu ouvres ton appli Urssaf, une case, un montant à taper. Et là, la vraie question : je mets quoi ? Ce que j'ai touché sur mon compte, ou ce que le client a payé ?
C'est la question la plus posée par les livreurs, et c'est aussi celle où l'erreur coûte le plus cher. Parce que la bonne réponse n'est pas celle que tu espères, et parce que se tromper dans ce sens-là, c'est une sous-déclaration — avec redressement et majorations à la clé.
Ce guide répond précisément : quel montant, à quel taux, à quelle date, et ce qui change avec le prélèvement des cotisations directement par les plateformes.
La règle qui coûte le plus cher : tu déclares le brut
Une course affichée à 5,60 €. Uber prend sa commission. Tu vois 4,20 € arriver.
Tu déclares 5,60 €.
Ça paraît injuste, et c'est pourtant la règle. En micro-entreprise, le chiffre d'affaires est le montant total de la prestation, avant toute retenue. La commission que la plateforme prélève est une charge d'exploitation, pas une réduction de ton chiffre d'affaires. Elle est déjà censée être couverte par l'abattement forfaitaire dont on parle plus bas.
L'Urssaf le formule noir sur blanc dans sa documentation sur le prélèvement à la source : la base de calcul « correspond au chiffre d'affaires que vous déclarez normalement à votre Urssaf, qui inclut la commission retenue par la plateforme et les frais ».
Il n'y a pas d'ambiguïté, et il n'y a pas d'exception pour les livreurs.
L'écart sur un mois complet
Prenons un livreur à scooter, temps plein, avec une commission moyenne de 25 %.
| Ligne | Montant |
|---|---|
| Montant brut des courses (relevé plateforme) | 2 400,00 € |
| Commission plateforme (25 %) | − 600,00 € |
| Pourboires | + 90,00 € |
| Versé sur ton compte | 1 890,00 € |
| CA à déclarer à l'Urssaf | 2 490,00 € |
Cotisations dues : 2 490 × 21,2 % = 527,88 €.
Si tu déclarais le net vu sur ton compte (1 890 €), tu paierais 400,68 €. Tu « gagnerais » 127 € par mois — et tu construirais une sous-déclaration de plus de 1 500 € de cotisations sur l'année. Les plateformes transmettent chaque année à l'administration fiscale, au titre de la directive DAC7, ton identité et les montants qu'elles t'ont versés. L'écart se voit.
Et les frais, alors ?
C'est la question qui suit toujours. Le carburant, l'entretien du scooter, le sac isotherme, le forfait téléphone, la commission : rien de tout ça ne se déduit.
En micro-entreprise, tu ne déduis aucun frais réel. L'administration applique à ta place un abattement forfaitaire de 50 % sur ton CA pour calculer ton revenu imposable, et cet abattement est réputé couvrir l'intégralité de tes charges — commission comprise. C'est le prix de la simplicité du régime. Si tes frais réels dépassent largement 50 % de ton CA, c'est le signe qu'il faut poser la question d'un autre régime, mais c'est une autre discussion.
Le taux : 21,2 %, et pas 25,6 %
Ton activité de livraison relève des prestations de services commerciales (BIC). Le taux de cotisations sociales applicable est de 21,2 % du chiffre d'affaires (source : service-public.gouv.fr, fiche F36232, à jour au 1er janvier 2026).
Tu vas croiser d'autres chiffres. Voici ce qu'ils sont réellement :
- 25,6 % : c'est le taux des activités libérales non réglementées (BNC). Un consultant, un coach, un développeur freelance. Pas un livreur. Si un simulateur t'applique ce taux, il se trompe de catégorie et te fait payer 4,4 points de trop.
- 12,3 % : c'est la vente de marchandises. Tu ne vends pas les repas, tu les transportes. Ce taux ne te concerne pas non plus.
- 22 % : un ancien taux, encore utilisé par beaucoup de calculateurs qui n'ont jamais été mis à jour.
- 23,1 % ou 26,1 % : ces chiffres viennent de la trajectoire de hausse annoncée pour les activités libérales (BNC), pas pour la prestation de services BIC. Des blogs les présentent comme « le taux 2025-2026 » du micro-entrepreneur : c'est une confusion de catégorie. Le 23,1 % était le taux BNC applicable au second semestre 2024, et le 26,1 % la cible annoncée par le décret du 30 mai 2024 ; le taux BNC retenu par service-public.gouv.fr (fiche F36232) au 1er janvier 2026 est de 25,6 %.
Le bon réflexe : quand un article te donne un taux, vérifie qu'il précise BIC prestation de services. Sinon, ferme l'onglet.
Si tu as l'ACRE
L'ACRE réduit tes cotisations en début d'activité — jusqu'à la fin du 3e trimestre civil qui suit ta date de début d'activité, soit un an au maximum. Deux points à retenir, parce qu'ils ont changé récemment :
- Elle n'est plus automatique : il faut la demander à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité. Passé ce délai, c'est perdu.
- Le taux d'exonération est de 50 %, mais il est ramené à 25 % pour les activités créées à compter du 1er juillet 2026.
Concrètement, pour une création avant cette date tu es à 10,6 % ; pour une création après, à 15,9 %. Le sujet est détaillé dans le guide complet du livreur en micro-entreprise.
Ce qui change vraiment : le prélèvement à la source
C'est la nouveauté qui rend la moitié des articles du web obsolètes.
En 2026, huit plateformes volontaires se sont engagées à calculer, prélever et reverser elles-mêmes tes cotisations à l'Urssaf, en avance sur le calendrier légal. Uber Eats en fait partie : « Uber Eats France SAS » figure nommément à l'annexe de l'arrêté du 31 juillet 2025 qui fixe la liste des plateformes de la phase pilote. Le dispositif devient obligatoire pour toutes les plateformes au 1er janvier 2027.
Ce que tu n'as plus à faire
Une fois que le prélèvement s'applique effectivement à ton compte, pour le CA réalisé via cette plateforme, l'Urssaf est claire : tu n'as plus besoin de te soucier de la déclaration à l'Urssaf du chiffre d'affaires réalisé via la plateforme, ni du paiement des cotisations correspondantes. La plateforme s'en charge. Elle déclare mensuellement ton CA à l'Urssaf — y compris si tu avais choisi une périodicité trimestrielle.
Trois précisions qui évitent les malentendus :
- Tes taux ne changent pas. 21,2 % reste 21,2 %. Seul le circuit de paiement change.
- Le prélèvement est calculé sur le brut, commission incluse — cohérent avec la règle du dessus.
- Ton virement va baisser. Les cotisations sont retenues avant versement. Ton revenu brut est identique, mais tu ne récupères plus la trésorerie que tu reversais ensuite. Si tu avais l'habitude de mettre 21,2 % de côté, arrête pour cette partie-là : c'est déjà fait.
Ce que tu dois continuer à faire, absolument
Et c'est là que la plupart des livreurs vont se planter en 2026.
Le prélèvement ne couvre que le CA passé par la plateforme concernée. Tout le reste continue de fonctionner comme avant, avec ta déclaration sur ton espace Urssaf :
- Le CA réalisé sur les plateformes qui n'appliquent pas encore le prélèvement. Côté livraison de repas, seule Uber Eats figure parmi les huit volontaires. Deliveroo, Stuart, Delicity ne sont pas dans la liste des pilotes — jusqu'à la généralisation du 1er janvier 2027, leur CA reste à ta charge.
- Le CA réalisé hors plateforme : livraisons pour un restaurant en direct, contrat avec un commerçant, courses pour un particulier. Là, tu émets de vraies factures et tu déclares toi-même.
C'est exactement ce que résout un livre des recettes tenu proprement, où chaque ligne porte sa plateforme d'origine. On détaille la méthode dans l'article sur le livre des recettes du livreur de plateforme.
Et le versement libératoire dans tout ça ?
Si tu as opté pour le versement libératoire (voir plus bas), ton règlement à l'Urssaf mélange habituellement cotisations sociales et impôt sur le revenu. La documentation officielle décrit le dispositif de prélèvement par les plateformes comme portant sur les cotisations et contributions sociales ; le sort du volet impôt n'est pas clairement documenté à ce jour (juillet 2026).
Si tu es concerné, vérifie sur ton espace Urssaf ce qui a effectivement été prélevé avant de considérer que ton impôt est réglé. Ne pars pas du principe que tout est couvert.
Mensuel ou trimestriel : les dates
Tant que tu déclares toi-même, tu choisis la périodicité au moment de la création. Elle vaut pour une année civile.
Ta première déclaration
Elle n'est exigible qu'après un délai de 90 jours à compter de la création de ton entreprise. Tu ne déclares donc rien le premier mois : c'est normal, ne panique pas.
En mensuel
Tu déclares chaque mois le CA encaissé le mois précédent. Rythme plus lourd, mais tu lisses la trésorerie et tu vois tout de suite où tu en es. Recommandé si tu débutes.
En trimestriel
Quatre échéances : 31 janvier, 30 avril, 31 juillet, 31 octobre. Moins de démarches, mais des montants trois fois plus gros. Il faut avoir la discipline de mettre l'argent de côté.
Changer de périodicité
La demande se fait sur ton espace Urssaf, au plus tard le 31 octobre, pour une application au 1er janvier de l'année suivante. Pas en cours d'année.
Deux règles à ne pas oublier :
- Le CA encaissé, pas le CA travaillé. Une semaine de courses effectuée fin décembre mais payée en janvier se déclare en janvier. C'est la date du versement qui compte, pas la période d'activité. C'est une des raisons pour lesquelles le relevé de plateforme ne suffit pas.
- Une déclaration à 0 € reste obligatoire. Mois blanc, arrêt maladie, compte désactivé : tu déclares quand même, avec un zéro. Ne rien envoyer déclenche une pénalité pour absence de déclaration.
Côté impôts : ce n'est pas la même déclaration
L'Urssaf, ce sont les charges. Les impôts, c'est autre chose, et le prélèvement à la source des cotisations ne t'en dispense pas.
Chaque printemps, tu reportes ton CA annuel brut — toujours le brut, commission incluse — sur le formulaire 2042-C-PRO, en case 5KP (« prestations de services et locations meublées »). Si tu as opté pour le versement libératoire (voir plus bas), ce n'est pas la même case : ton CA se reporte alors en case 5TB, dans la rubrique réservée aux micro-entrepreneurs ayant opté.
Tu ne retires rien : ni les cotisations, ni la commission. L'administration applique automatiquement l'abattement de 50 %, avec un minimum de 305 €, et n'impose que la moitié restante, intégrée aux revenus de ton foyer.
Sur 29 880 € de CA annuel, ton revenu imposable est de 14 940 €.
Le versement libératoire : intéressant, mais pas pour tout le monde
Le versement libératoire te permet de payer ton impôt sur le revenu en même temps que tes cotisations, sous forme d'un pourcentage fixe : 1,7 % du CA pour une prestation de services BIC. Une fois payé, c'est réglé — pas de régularisation.
Pour y prétendre, deux conditions :
- Le revenu fiscal de référence de ton foyer, celui de l'avant-dernière année, ne doit pas dépasser 29 579 € par part (montant en vigueur en juillet 2026 : 59 158 € pour un couple, 73 947,50 € pour un couple avec un enfant). Ce plafond est réindexé chaque année : vérifie-le sur impots.gouv.fr au moment d'opter.
- L'option se demande auprès de l'Urssaf au plus tard le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant. Pour une création en cours d'année, tu as jusqu'au dernier jour du troisième mois suivant la création.
Pour qui c'est intéressant : un livreur seul, sans autre revenu significatif dans le foyer, avec un CA correct. À 30 000 € de CA, 1,7 % font 510 € d'impôt, point final.
Pour qui ça ne l'est pas : si tes revenus sont faibles et que tu ne serais de toute façon pas imposable, le versement libératoire te fait payer 1,7 % pour rien. Un livreur à 14 000 € de CA annuel, célibataire, ne paie normalement pas d'impôt — avec l'option, il verse 238 € qu'il ne récupérera jamais.
Tenir tes chiffres pour ne pas déclarer au hasard
Le vrai problème n'est pas de savoir quel taux appliquer. C'est de savoir quel montant taper. Le relevé de plateforme ne suffit pas : il ne distingue pas la date d'encaissement de la période travaillée, il ne consolide rien entre plateformes, et il disparaît de ton accès si ton compte est désactivé.
L'obligation légale, elle, pèse sur toi : c'est le livre des recettes, avec enregistrement chronologique et conservation pendant 10 ans.
FluxMicro te permet d'enregistrer une recette sans facture ni client rattaché — ce qui est exactement ton cas quand Uber auto-facture à ta place. Tu saisis une ligne par relevé (« Uber Eats — semaine 30 »), avec la date d'encaissement réelle et la plateforme d'origine. Sur la base de ces lignes, l'app produit un bloc de chiffres à recopier sur le portail Urssaf au moment de ta déclaration, avec l'échéance affichée dans le tableau de bord.
Sois clair sur ce que ça n'est pas : il n'y a aucune télétransmission vers l'Urssaf, aucun email de rappel, et aucun import automatique de tes relevés de plateforme. Tu saisis, l'app calcule, tu recopies. Le détail des fonctions utiles à ton métier est sur la page logiciel de facturation pour livreur auto-entrepreneur.
Le tableau de bord suit aussi tes seuils en temps réel — utile, parce que le seuil de TVA de 37 500 € est atteignable à scooter à temps plein et qu'aucune plateforme ne t'alerte. Le sujet est traité dans l'article sur la TVA du livreur de plateforme.
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Une ligne par relevé, la bonne date d'encaissement, la plateforme d'origine — et le montant exact à recopier sur ton espace Urssaf. Gratuit pour commencer.
Créer mon compte gratuitQuestions fréquentes
Je déclare le montant avant ou après commission ? Avant. Le CA est le montant total de la course, commission comprise. C'est la position explicite de l'Urssaf.
Les pourboires sont-ils à déclarer ? Oui, ils font partie du chiffre d'affaires, au même titre que les bonus et les majorations.
Uber prélève déjà mes cotisations, je dois quand même faire une déclaration ? Si le prélèvement à la source s'applique bien à ton compte — vérifie-le sur tes relevés de paiement —, le CA passé par Uber Eats n'est plus à déclarer. Pour tout autre revenu — Deliveroo, Stuart, Delicity, clients directs — oui, sur ton espace Urssaf, comme avant.
Et si je n'ai rien gagné ce mois-ci ? Tu déclares 0 €. L'absence de déclaration est sanctionnée, même à zéro.
Est-ce que je dois faire des factures pour mes courses ? Non, pas pour tes courses. Uber (Uber Portier B.V.) et Deliveroo établissent les factures en ton nom dans le cadre d'un mandat de facturation prévu par leurs conditions — relis-les, c'est le contrat qui fait foi. Tu ne factures que ton activité hors plateforme. C'est expliqué en détail dans le guide du livreur en micro-entreprise.
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