Guides pratiques

Livreur Uber Eats et Deliveroo en auto-entrepreneur : le guide complet

Livreur Uber Eats ou Deliveroo en auto-entrepreneur : statut BIC, charges 21,2 %, seuils TVA, livre des recettes, licence, assurance. Le guide 2026.

Par Florian.A24 min de lecture
Livreur à vélo avec un sac isotherme sur le dos, en ville, consultant son téléphone

À propos de l'auteur du blog

Conformité et pilotage

Florian.A

Fondateur de FluxMicro

Issu d'une formation financière et comptable, avec une expérience en audit dans un grand cabinet internationalement connu, je construis FluxMicro avec une exigence forte de culture comptable et de conformité pour aider les auto-entrepreneurs à piloter leur activité avec un outil clair et vraiment utile.

Si tu cherches comment créer tes factures pour Uber Eats, on va commencer par te faire gagner du temps : tu n'as pas à en créer. La plateforme les émet à ta place, avec ton nom dessus. C'est légal, c'est prévu par le Code général des impôts, et c'est déjà en place.

Ça ne veut pas dire que tu n'as rien à faire. Ça veut dire que ce qu'on te vend habituellement (des modèles de factures, des simulateurs à 22 %, des « obligations » qui n'existent pas) ne correspond pas à ta situation réelle. Ce guide fait le tri : ce que la plateforme gère pour toi, ce qui reste vraiment à ta charge, et les seuils qui peuvent te tomber dessus sans que personne ne te prévienne.

Ton statut réel : BIC prestation de services, pas BNC

C'est l'erreur la plus répandue du web francophone, et elle coûte cher.

Livrer des repas, c'est une prestation de services commerciale, donc du BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Pas du BNC. Pas de la vente de marchandises non plus — tu ne vends pas le burger, tu le transportes.

Ce que ça change concrètement :

Ton cas (BIC services)Ce qu'on lit souvent
Charges Urssaf21,2 %25,6 % (taux BNC)
Abattement fiscal50 %34 % (abattement BNC)
Plafond micro83 600 €77 700 € (plafond 2023-2025, périmé)

Sur 20 000 € de chiffre d'affaires annuel, la différence entre 21,2 % et 25,6 %, c'est 880 € par an. Ce n'est pas un détail de comptable.

Le taux de 21,2 % est celui publié par service-public.gouv.fr pour les prestations de services BIC, page mise à jour au 1er janvier 2026. Si tu as opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu — une option soumise à une condition de revenu fiscal de référence, et qui doit être demandée à l'Urssaf —, ajoute 1,7 point : tu paies 22,9 % au total, impôt compris.

Ton code APE : 5320Z (et bientôt 5320H)

À la création, tu reçois généralement le code APE 5320Z, « autres activités de poste et de courrier ». C'est un code fourre-tout, hérité d'une nomenclature qui n'avait pas anticipé la livraison de repas à la demande.

La nomenclature NAF 2025 corrige ça : un code 5320H, « livraison à domicile de repas et autres activités de poste et de courrier n.c.a. », a été créé, avec une entrée en vigueur officielle au 1er janvier 2027 (l'Insee affiche déjà le futur code dans Sirene pendant la période transitoire). Tu n'as rien à faire aujourd'hui — le reclassement est piloté par l'Insee. Et surtout, ton code APE n'a aucun effet sur ton taux de cotisations : il sert à des fins statistiques et, parfois, à déterminer une convention collective (ce qui ne te concerne pas, tu es indépendant).

Ce que la plateforme fait déjà à ta place

C'est la partie que personne ne t'explique honnêtement, parce qu'elle ne permet de te vendre aucun produit.

1. Elle émet tes factures. Toi, non.

Uber et Deliveroo fonctionnent avec un mandat de facturation : l'article 289 du Code général des impôts prévoit qu'une facture peut être matériellement émise, au nom et pour le compte de l'assujetti, par le client ou par un tiers. Tu l'as accepté en signant tes conditions de partenariat, souvent sans le lire.

Concrètement : Uber Portier B.V. établit une facture en ton nom et pour ton compte, avec une mention du type « Facture émise par Uber Portier B.V. au nom de [ton nom] ». Deliveroo pratique aussi l'auto-facturation, sur un rythme de relevé périodique qui dépend de ton contrat et de ton pays. Ces documents sont téléchargeables depuis ton espace partenaire — vérifie le libellé exact et la périodicité sur les tiens.

Donc non : tu n'as pas à créer une facture par course, ni une facture mensuelle à envoyer à Uber. Si un site t'explique le contraire, il n'a pas compris comment tu travailles.

2. Elle prélève tes charges à la source (sur certaines plateformes)

C'est le changement le plus important de ces dix dernières années pour ta paperasse, et il est passé quasi inaperçu.

Depuis avril 2026, huit plateformes volontaires appliquent le prélèvement à la source des cotisations sociales. Uber Eats en fait partie. Le mécanisme : la plateforme calcule tes charges à partir du taux que l'Urssaf lui communique, les retient sur ton versement, et les reverse directement à l'Urssaf. Elle lui transmet aussi ton chiffre d'affaires chaque mois.

L'Urssaf l'écrit noir sur blanc : tu n'as plus besoin de te soucier de la déclaration du chiffre d'affaires réalisé via la plateforme concernée.

Le dispositif devient obligatoire pour toutes les plateformes au 1er janvier 2027.

3. Elle transmet tes revenus au fisc (DAC7)

Chaque année, les plateformes transmettent à la DGFiP ton identité et le montant qu'elles t'ont versé — c'est la directive européenne DAC7, avec une échéance de transmission au 31 janvier N+1. Tu reçois en parallèle une attestation annuelle récapitulative.

Deux conséquences. La bonne : tu as un document officiel qui récapitule ce que tu as encaissé. La moins bonne : l'administration connaît déjà tes revenus. Sous-déclarer n'a plus aucun sens, et l'écart se voit mécaniquement.

Attention en revanche à une idée fausse qui circule : cette transmission ne te dispense pas de faire ta déclaration de revenus. Ne compte pas non plus sur un pré-remplissage automatique de tes revenus de plateforme dans la déclaration 2042-C-PRO — rien ne le garantit. Ouvre ta déclaration, vérifie ligne par ligne, et reporte tes montants toi-même.

Ce qui reste vraiment à ta charge

Voilà la liste honnête. Elle est courte, mais elle est réelle.

Le livre des recettes — l'obligation qu'on oublie toujours

Même si tu ne fais aucune facture, tu dois tenir un livre des recettes. C'est une obligation comptable du régime micro, et elle pèse sur toi, pas sur la plateforme.

Les mentions exigées pour une activité de prestation de services (fiche service-public F36018) : le montant et l'origine des recettes, la date de l'encaissement, le mode de règlement — en distinguant les espèces des autres moyens de paiement —, et les références des pièces justificatives. L'identité du client est, elle, formellement exigée pour les activités libérales : elle n'est pas imposée en BIC, mais la noter reste la meilleure façon de justifier l'origine d'une recette. Le tout enregistré chronologiquement et conservé 10 ans à compter de la clôture de l'exercice.

Beaucoup de livreurs se disent : « j'ai mes relevés Uber, ça suffit ». Ça ne suffit pas, et pour quatre raisons précises : les relevés sont datés à la prestation alors que tu déclares à l'encaissement, aucun ne connaît l'existence des autres, l'obligation pèse sur toi et non sur la plateforme, et un compte désactivé emporte l'historique alors que la conservation reste due dix ans.

En pratique, une ligne par relevé suffit. « Uber Eats — semaine 28 », le montant brut, la date de versement, la référence du relevé. Quinze secondes, deux fois par mois. Chacune de ces quatre raisons est développée, avec le format exact et un exemple rempli, dans le guide du livre des recettes pour livreur de plateforme.

Le registre des achats : tu n'en as PAS besoin

Beaucoup d'articles t'expliquent qu'il te faut un registre des achats en plus du livre des recettes. C'est faux dans ton cas.

Le registre des achats n'est obligatoire que pour la vente de marchandises et la fourniture de logement. Tu fais de la prestation de services : tu n'es pas concerné. Une case en moins à cocher.

La consolidation entre plateformes

Le multi-apping est très répandu : dans son analyse 2026 des indicateurs d'activité, l'ARPE précise d'ailleurs que ses chiffres doivent être lus avec prudence, précisément parce qu'ils ne tiennent pas compte de l'usage simultané de plusieurs plateformes par un même livreur. Tu tournes sur Uber Eats et Deliveroo, parfois Stuart ou Delicity, selon les créneaux et les zones.

Sauf qu'aucune plateforme ne connaît ton total. Or c'est ce total qui détermine ton plafond micro, ton seuil de TVA, ton impôt et tes droits. La consolidation est structurellement à ta charge, et c'est exactement le rôle du livre des recettes.

Tes frais ne sont pas déductibles. Aucun.

Carburant, entretien du scooter, sac isotherme, forfait téléphone, commission de la plateforme : rien n'est déductible en micro-entreprise. L'abattement forfaitaire de 50 % est réputé couvrir l'ensemble de tes charges professionnelles.

C'est le point de bascule à surveiller. Si tu roules en scooter, à plein temps, avec de l'essence, des révisions et des pneus, tes frais réels peuvent dépasser 50 % de ton chiffre d'affaires. À ce moment-là, le régime réel devient mathématiquement plus intéressant que la micro — mais il implique une vraie comptabilité, et souvent un comptable. Fais le calcul avant de changer, pas après.

Les deux seuils qui te guettent

Personne ne t'alerte. Ni Uber, ni Deliveroo, ni l'Urssaf en temps réel. Tu les découvres quand tu les as dépassés.

La TVA à 37 500 €

C'est celui qui arrive en premier, et de loin.

Tant que tu restes sous 37 500 € de chiffre d'affaires sur l'année civile précédente, tu bénéficies de la franchise en base : pas de TVA à facturer, pas de déclaration. Au-dessus, tu deviens redevable.

Il existe un second niveau, le seuil majoré à 41 250 € : si tu le dépasses en cours d'année, tu deviens redevable de la TVA dès le jour même du dépassement, sans délai de grâce. Un simple dépassement du seuil de base à 37 500 €, lui, ne te fait basculer qu'au 1er janvier de l'année suivante.

37 500 €, c'est atteignable. À scooter, sur des créneaux pleins, en multi-apping, c'est environ 3 125 € de courses brutes par mois. Beaucoup de livreurs à temps plein sont dans cette zone sans le savoir, précisément parce qu'ils raisonnent en net perçu et pas en brut facturé.

Le plafond micro à 83 600 €

Plus lointain, mais il existe. Au-delà de 83 600 € de chiffre d'affaires sur deux années consécutives, tu sors du régime micro et bascules vers le réel.

La première année, ce plafond est proratisé au nombre de jours d'activité. Si tu démarres le 1er juillet, ton plafond de la première année n'est pas 83 600 € mais environ la moitié. C'est un piège classique pour ceux qui se lancent en cours d'année et cartonnent.

Sur ce point précis, un outil de suivi a une utilité réelle : FluxMicro affiche tes seuils TVA et ton plafond micro en temps réel dans le tableau de bord, proratisation de la première année comprise. C'est le genre d'alerte qu'aucune plateforme ne te donnera.

Vélo ou scooter : la question de la licence de transport

C'est la différence réglementaire la plus lourde entre deux livreurs qui font pourtant le même métier.

À vélo ou en vélo à assistance électrique : rien à faire

Le registre des transporteurs ne vise que le transport routier de marchandises réalisé avec des véhicules motorisés. Les cycles, et les vélos à assistance électrique conformes (assistance coupée à 25 km/h, moteur de 250 W maximum), n'y sont donc pas soumis. Tu crées ta micro-entreprise, tu livres. Pas de formation, pas d'attestation, pas de DREAL. Attention en revanche si ton engin dépasse ces limites : il est alors requalifié en cyclomoteur, et tu bascules dans le régime ci-dessous.

C'est aussi pour ça que l'immense majorité des livreurs commencent à vélo.

En scooter, moto ou voiture : c'est une autre histoire

Dès que ton véhicule est motorisé, tu fais du transport routier léger de marchandises (moins de 3,5 tonnes), et le régime change complètement :

  • Attestation de capacité professionnelle en transport routier léger : formation de 105 heures, dont 3 heures d'examen (arrêté du 2 août 2024).
  • Capacité financière : 1 800 € pour le premier véhicule, puis 900 € par véhicule supplémentaire.
  • Honorabilité professionnelle (casier judiciaire compatible).
  • Inscription au registre des transporteurs via le guichet unique, avec une autorisation délivrée par la DREAL.

Autrement dit : passer du vélo au scooter, ce n'est pas juste acheter un scooter. Beaucoup de livreurs motorisés roulent sans être inscrits, souvent sans savoir que l'obligation existe. Les conséquences en cas de contrôle ne sont pas symboliques.

L'assurance de la plateforme, et ses trous

Le Code du travail (articles L7342-1 à L7342-11, sur la responsabilité sociale des plateformes) oblige la plateforme à prendre en charge ta cotisation d'assurance accidents du travail — à condition que tu aies souscrit toi-même une telle assurance, ou adhéré à l'assurance volontaire accidents du travail, et dans la limite d'un plafond fixé par décret. Cette prise en charge ne joue pas si ton chiffre d'affaires réalisé sur la plateforme reste sous un seuil, lui aussi fixé par décret. Certaines plateformes ajoutent une responsabilité civile professionnelle pour les livreurs à vélo.

C'est réel, et c'est mieux que rien. Mais voilà ce que ça ne couvre pas :

  • Les dommages aux marchandises transportées (la commande renversée, le sac volé avec la commande dedans).
  • Ta responsabilité civile professionnelle au sens large, si elle n'est pas explicitement fournie.
  • Ton véhicule — scooter comme vélo. Un usage professionnel n'est pas toujours couvert par un contrat auto ou deux-roues classique : vérifie ton contrat, une déclaration d'usage professionnel est souvent nécessaire.
  • Le vol de ton matériel.
  • Les indemnités journalières en cas de maladie hors accident du travail.

Le trou le plus douloureux, c'est l'arrêt de travail. Tu te casses le poignet un dimanche soir hors mission : tes revenus tombent à zéro immédiatement, et le régime micro ne compense presque rien les premières semaines. Une prévoyance individuelle est le vrai sujet, bien plus que la RC pro.

Ce qui change au 1er septembre 2026

Deux échéances visent la même date, et elles n'ont rien à voir entre elles. La première est une obligation légale déjà fixée. La seconde n'est, à ce stade, qu'une annonce suspendue à une homologation.

La réception de facture électronique devient obligatoire

Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA doivent être en capacité de recevoir une facture électronique. Toutes : quelle que soit leur taille, leur forme juridique ou leur régime.

Et oui, tu es concerné, même en franchise en base. La nuance est subtile mais elle est décisive : en franchise, tu n'es pas redevable de la TVA, mais tu restes assujetti. Le champ de la réforme, c'est l'assujettissement.

Concrètement, il te faut être raccordé à une Plateforme Agréée (PA) — la terminologie officielle en 2026 — capable de recevoir des factures à ton nom. L'émission et l'e-reporting, eux, ne deviennent obligatoires pour les micro-entreprises qu'au 1er septembre 2027.

Le revenu minimum garanti passerait à 19 €/h — sous réserve d'homologation

Le seul montant opposable aujourd'hui est celui de l'accord du 20 avril 2023, homologué le 28 août 2023 : 11,75 € bruts par heure d'activité — par heure, pas par course. Un avenant signé le 10 juillet 2026 porterait ce montant à 19 € bruts de l'heure, pour une entrée en vigueur annoncée au 1er septembre 2026.

Comment vérifier que la plateforme te l'a bien versé, pourquoi le calcul hebdomadaire change tout, et ce que valent réellement ces montants une fois les charges déduites : c'est l'objet de l'article combien gagne vraiment un livreur Uber Eats.

Créer ton statut : les démarches, l'ACRE et la CFE

Si tu n'as pas encore ton SIRET, voici l'essentiel. Le parcours détaillé, étape par étape avec les pièces à fournir, est dans devenir livreur Uber Eats ou Deliveroo.

Déclarer sur le guichet unique

Toutes les créations passent par le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprise.gouv.fr). C'est gratuit. Tu déclares une activité de livraison, en prestation de services BIC.

Demander l'ACRE dans les 60 jours

L'ACRE n'est ni automatique ni ouverte à tous : il faut remplir l'une des conditions d'éligibilité (demandeur d'emploi, moins de 26 ans, bénéficiaire du RSA, création en quartier prioritaire, etc.) et ne pas en avoir bénéficié dans les 3 années précédentes. La demande se dépose auprès de l'Urssaf, dans un délai de 60 jours suivant le début d'activité. Passé ce délai, elle est rejetée. L'Urssaf a 30 jours pour répondre ; son silence vaut accord.

Vérifier le taux d'exonération qui s'applique

L'exonération ACRE était de 50 % des cotisations. Pour les créations à compter du 1er juillet 2026, elle est ramenée à 25 % : tu paies un taux minoré égal à 75 % du taux normal. Si tu t'es lancé avant, tu conserves le taux de 50 % sur ta période d'exonération. En micro-entreprise, cette période court jusqu'à la fin du 3e trimestre civil suivant celui de ton début d'activité.

Ne pas oublier la CFE

Tu es exonéré de CFE l'année de ta création. Mais tu dois quand même déposer la déclaration initiale 1447-C-SD au plus tard le 31 décembre de ton année de création. Ensuite, si ton chiffre d'affaires de référence (celui de l'année N-2) reste inférieur ou égal à 5 000 €, tu es exonéré de la cotisation minimum.

Ouvrir un compte dédié si tu dépasses 10 000 €

L'obligation de compte bancaire dédié se déclenche au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires deux années civiles consécutives, avec un délai de 12 mois pour l'ouvrir. Un simple second compte courant suffit : rien n'impose un compte professionnel payant.

Cumuler la livraison avec autre chose

C'est la situation majoritaire, et elle est parfaitement légale.

Avec un emploi salarié. Aucun problème de principe. Vérifie seulement ton contrat de travail : une clause d'exclusivité ou de non-concurrence peut te limiter, et l'obligation de loyauté envers ton employeur s'applique toujours. Tes cotisations de livreur sont dues en plus de celles de ton salaire.

Avec l'ARE (chômage). Le cumul est possible : tu déclares ton chiffre d'affaires à France Travail chaque mois, et ton allocation est réduite en fonction. Les règles de calcul sont techniques et changent selon ta situation — passe par ton conseiller plutôt que par un article de blog, y compris celui-ci.

Avec le RSA. Compatible aussi, avec une déclaration trimestrielle de tes revenus à la CAF. Attention à un décalage classique : tu déclares tes revenus encaissés, et le RSA s'ajuste avec un trimestre de retard. Anticipe la baisse.

En étudiant. Tu peux créer ta micro-entreprise dès 18 ans, sans autorisation particulière. Pense à l'effet sur le rattachement au foyer fiscal de tes parents et sur les bourses : le revenu compte.

Avec un titre de séjour. Ton titre doit t'autoriser à exercer une activité indépendante — une autorisation de travail salarié ne suffit pas. Ce point est vérifié à l'inscription sur les plateformes et c'est une cause fréquente de blocage de compte. En cas de doute, fais vérifier ton titre avant de créer ton statut.

Si ton compte est désactivé

Ça arrive, souvent sans préavis et parfois sans motif clair : un signalement client, un contrôle d'identité automatisé, un litige sur une commande.

Deux réflexes immédiats.

Le premier : récupère tes documents tant que tu y as encore accès. Relevés, factures auto-émises, attestation annuelle DAC7. Une fois le compte fermé, l'accès disparaît, et ton obligation de conservation de 10 ans, elle, ne disparaît pas. C'est la meilleure raison de tenir ton livre des recettes au fil de l'eau plutôt qu'en fin d'année.

Le second : la désactivation est contestable. La loi impose aux plateformes une motivation et une procédure contradictoire, et l'ARPE peut être saisie en médiation. On détaille les recours et les délais dans compte livreur désactivé : quels recours.

Le minimum viable, concrètement

Si tu ne dois retenir qu'une routine, la voici. Deux fois par mois, quand ton relevé tombe : tu ouvres ton livre des recettes, tu ajoutes une ligne par plateforme avec le montant brut et la date de versement, tu enregistres le relevé comme justificatif. Trois minutes.

C'est exactement pour ça que FluxMicro permet de saisir une recette sans facture ni client enregistré — parce que ta réalité, c'est un relevé, pas une facture. Tu exportes ensuite ton livre en CSV ou en PDF par mois, par trimestre ou par année, et tu retrouves les chiffres consolidés dont tu as besoin pour ta déclaration de revenus, pour ton CA hors plateforme, ou pour un contrôle.

Soyons clairs sur ce que ça ne fait pas : il n'y a pas d'import automatique de tes relevés Uber ou Deliveroo, ni de rapprochement automatique. La saisie reste manuelle. Une ligne par relevé, c'est tout ce que ça demande — mais c'est toi qui la saisis.

Ton livre des recettes, sans facture à créer

Saisis une ligne par relevé, suis ton seuil de TVA, exporte quand tu veux. Gratuit pour commencer, 2 €/mois pour la suite.

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Questions fréquentes

Dois-je faire une facture pour Uber Eats ? Non. Uber Portier B.V. émet les factures en ton nom via un mandat de facturation. Tu ne factures que ton activité hors plateforme.

Le taux de 25,6 % s'applique-t-il aux livreurs ? Non. C'est le taux des activités BNC. La livraison est une prestation de services BIC : 21,2 %, ou 22,9 % avec le versement libératoire.

Le prélèvement à la source me dispense-t-il de tout ? Non. Il te dispense de déclarer à l'Urssaf le CA réalisé via la plateforme concernée. Ton CA hors plateforme, ta déclaration de revenus, ton livre des recettes et ton suivi de seuils restent à ta charge.

Puis-je déduire mon essence ou mon scooter ? Non, jamais en micro-entreprise. L'abattement de 50 % est réputé couvrir tous tes frais. Si tes frais réels dépassent durablement 50 % de ton chiffre d'affaires, étudie le passage au régime réel.

Faut-il un registre des achats ? Non. Il ne concerne que la vente de marchandises et la fourniture de logement.

Combien de trimestres de retraite je valide ? Ça dépend de ton chiffre d'affaires annuel, avec des seuils indexés sur le SMIC. Les montants publiés par les différents sites se contredisent pour 2026 : ne te fie qu'à ton relevé de carrière et aux montants officiels communiqués par l'Urssaf, pas à un simulateur trouvé en ligne.


Les règles fiscales et sociales évoluent vite, et ce secteur plus que les autres. Les chiffres de cet article ont été vérifiés en juillet 2026 sur service-public.gouv.fr, urssaf.fr, impots.gouv.fr, legifrance.gouv.fr, insee.fr, bpifrance-creation.fr et arpe.gouv.fr. Pour toute décision engageante, vérifie l'information à jour auprès de l'Urssaf ou d'un professionnel du chiffre.

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